L’EGLISE DE NOZIERES

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L’ EGLISE

Une première mention de l’église date du 8 septembre 1219 : Le Seigneur de Lamastre donne les droits qu’il possédait sur les églises de Nozières et Pailharès au chapitre de Saint Barnard de Romans, « ne se réservant que la bonne garde pour laquelle il ne pourra rien exiger ». L’abbaye de Saint Barnard ayant été détruite, l’église reste sous la juridiction de l’évêque de Vienne, qui selon le « pouillé » de 1523, l’impose de 60 livres, montant bien plus élevé que le prieuré d’Empurany, pourtant plus important, qui n’est imposé que de 50 livres. Sous l’ancien régime, l’église est rattachée au diocèse de Valence.
Au milieu du XVIème siècle, en pleine guerre dite de religion, l’amiral de Coligny, chef de l’armée protestante, après avoir reconstitué son armée dans le Languedoc, passe par Nozières pour rejoindre Paris et y attaquer l’armée royale. C’est le premier contact de Nozières, village catholique, avec les réformés. Après les événements de la Saint Barthélémy en 1572, les protestants se déchainent, les dragons du roi remontent jusqu’à « Costerousse ». Le village et l’église sont saccagés pour n’être reconstruits définitivement qu’après 1631.
Il existait donc une première église à Nozières au début du XIIIème siècle, telle qu’on peut la deviner sur le cadastre de 1834. Petite et orientée vers l’est, elle possédait une nef et deux travées au maximum et trois chapelles votives. Son portail à l’ouest donnait sur une petite place, un cimetière l’entourait au nord, à l’est et au sud. Un premier clocher a été construit au nord-est, au XVIIème siècle lors de sa restauration après une quarantaine d’années d’abandon.
Au milieu du XIXème siècle, devenue trop petite pour la population qui ne cessait de croitre (plus de 1000 habitants) et peut être en ruine, le projet d’une nouvelle église est lancé. L’adjudication du 8 août 1865 confie sa construction aux maçons Louis Moulin, François Astié et Pierre Geniou. Les plans de l’architecte M. Besset sont validés par le Préfet en 1866. Compte tenu de ses nouvelles dimensions son orientation est modifiée : son chœur est construit au nord et la nef s’étale sur le cimetière au sud. Deux petites maisons qui jouxtaient le cimetière doivent être détruites. Le clocher du XVIIème siècle est conservé. Les entrepreneurs font faillite en 1868, une régie poursuit les travaux, notamment les sculptures des chapiteaux. L’église est achevée en 1869.
Après 1945, le clocher avec sa flèche couverte d’ardoises doit être démoli car il présentait des déficiences. Sa base est conservée pour devenir la sacristie. Un nouveau clocher est érigé au nord-ouest. Au cours des années 80 d’important travaux ont été réalisés, peintures intérieures, rénovation du chemin de croix et des façades. Récemment l’église s’est dotée d’un parvis extérieur où la balustrade de la tribune en fer forgé (peut -être du XVIIème siècle) a été repositionnée.
Vous pourrez noter les chapiteaux remarquables de la nef et ceux du chœur où figurent les quatre évangélistes, le superbe Christ en croix du XVIIème siècle, le confessionnal en noyer de l’ébéniste Félix de St Félicien et le chemin de croix suspendu, au dos duquel figurent les noms des donateurs. Confessionnal et chemin de croix datent du XIXème siècle. Louis Jouvet y a installé un orgue en 2012 et des concerts y sont régulièrement donnés. Il existerait également une crypte sous l’église, sous le chœur de l’ancienne ou sous le premier clocher.

Cette église a subi de nombreuses modifications et des embellissements tout au long de son histoire, et elle continue à être entretenue avec amour et passion par des villageois. Les protections peu gracieuses installées sur ses vitraux du XIX siècle mériteraient d’être enlevées pour lui redonner  son cachet d’antan.

Gérard Vallon (sources personnelles et J.C. Bouvier)

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