LES JEUDIS À LA FERME…DE CHENILLE À PAPILLON…N°6

 

 

LES JEUDIS à LA FERME…  9 juillet- 20 août 2015

CHAPITRE 5  

 N° 6 : FERME de NEYRAMAND “De chenille à Papillon”

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Margaux SCHINTZLER et Paul DESHAYES ont posé leurs valises et développé leurs projets à 900 m d’altitude dans le site remarquablement beau de Neyramand, sur une croupe exposée Sud, Sud-Ouest …

Avec un sourire toujours radieux, Margaux vous explique son projet de vie professionnelle, qui peut se résumer ainsi : « Vivre en Ardèche, de sa production expérimentale et novatrice de produits maraîchers et de plants biologiques »

Paul, actuellement membre de l’Atelier paysan,  a formé durant 2 ans des agriculteurs à fabriquer ou transformer eux-mêmes leur matériel agricole.

LES PLANTS BIO

A partir de graines achetées chez Biogerm, Margaux produit des plants sous 140 m² de serres, à vendre sur les marchés de début Avril à fin Juin : des aromatiques … des fleurs dont les graines sont triées , séchées, mises sous sachets pour être ressemées au printemps… des légumes, salades, courgettes , tomates etc …

Pour fabriquer les plants, ces maraichers novateurs utilisent une “motteuse” qui permet de préparer des plaques de mottes de tailles différentes, dans lesquelles les graines sont semées ; à la sortie de la machine un tapis roulant évacue les mottes qui sont alors transférées dans des caisses.

Les petits plants sont protégés du froid par des voles de forçage et arrosées au jet ou en bacs de trempage, ils sont vendus sur les marchés de début avril à fin juin.

LE MARAICHAGE BIO

Avec Paul, et forte de ses 6 ans d’expérience en BIO,elle cultive un magnifique jardin potager biologique en appliquant les méthodes expérimentales chères à Pierre Rabhi et à sa philosophie développé avec « terre et humanisme ».

En s’implantant sur ce site Margaux et Paul ont dû transformer le terrain précédemment exploité en pré de fauche.

Le “cultivateur” à dents à doubles spires, sur lequel sont montés des socs larges à patte d’oie, permet de fissurer le sol et de scalper les mottes racinaires.

Ensuite, le terrain est amendé avec du fumier de brebis, les planches permanentes sont butées avec une machine spéciale, conçue et fabriquée par Paul en auto-production dénommée buteuse, elle réalise une levée de terre grâce aux disques rabattant la terre sur des planches de 1 m à 1.40 mètres de large.

Le terrain nu est semé de seigle à l’automne, puis en mars, quand celui-ci a poussé, elle retourne la terre, affinée au “rotovator” pour en faire un engrais vert naturel bio et obtenir un “lit de semence” parfait.

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Les planches permanentes ne seront jamais tassées, piétinées ou travaillées pour permettre à la biologie naturelle des micro-organismes de se développer sous la toile tissée recouvrant les planches, accélérant la maturation des légumes.

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D’autres planches seront protégées par du foin ou de la paille, le paillage végétal empêchant les adventices et gardant l’humidité apportée par l’irrigation au goutte à goutte distribuée naturellement par gravité à partir d’un réservoir de 100 m3 correspondant à un stock de 5 semaines .

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Son potager de 40 planches de 25 m, est organisé en 3 îlots aux caractéristiques différentes en fonction du besoin des cultures en amendement de fumier de brebis, et méthode d’irrigation :

– un îlot de légumes racines : carottes, panais, salades… ayant peu besoin d’enrichissement,

– un îlot de légumes feuilles : choux, cardons, betteraves, haricots verts, concombres..

– un îlot d’aromates : ciboulettes, persil, basilic, estragon…

Les analyses des sols montrent une richesse de matières organiques parfaite, malgré un terrain plutôt acide, rectifié suivant les îlots par l’apport de fougères ou autres plantes équilibrantes.

Malgré tout ce savoir-faire, et savoir-être, Margaux n’est pas reconnue officiellement comme productrice maraîchère, car sa surface exploitée est inférieure à un seuil administratif déterminant !… la surface minimum d’installation.

Malgré ses 3 ans d’exploitation sur ce site, elle ne bénéficie pas de la sécurité sociale ni d’un régime de retraite… elle dispose d’une assurance responsabilité civile et d’un n° siret qui lui permet de vendre sa production sur les marchés.

La MSA l’autorise à exploiter, mais pas à bénéficier de son statut.

Pleine de projets et d’enthousiasme pour ses futurs développements, Margaux mérite largement d’être connue et soutenue dans ses réalisations.

 

 

Bernard Vauchelle

 

 

 

 

 

 

 

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